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Classer et ranger ses disques ou ses livres est un exercice difficile – comment les classer ? – et toujours recommencé tel le rocher de Sisyphe.

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Georges Pérec s’est, sans surprise, penché sur le sujet et l’on retrouve ses réflexions dans un recueil posthume intitulé Penser/Classer (Seuil) :

« Une bibliothèque que l’on ne range pas se dérange : c’est l’exemple que l’on m’a donné pour tenter de me faire comprendre ce qu’était l’entropie.

« L’un des principaux problèmes que rencontre l’homme qui garde les livres qu’il a lus ou qu’il se promet de lire un jour est celui de l’accroissement de sa bibliothèque. »

« Le problème se pose, d’abord de ranger tous ces livres quelque part, et ensuite de pouvoir mettre la main dessus lorsque, pour une raison ou pour une autre, on a un jour envie ou besoin de les lire enfin ou même de les relire. »

Il s’ensuit une série de conseils sur le où classer ses livres et comment les classer sans pour autant trouver la solution idéale : classement par ordre alphabétique, genre, année de parution, année d’acquisition, langue, format, série, reliure. Il y a même les inclassables...

Georges Pérec conclut en écrivant :

« Comme les bibliothécaires borgésiens de Babel qui cherchent le livre qui leur donnera la clé de tous les autres, nous oscillons entre l’illusion de l’achevé et le vertige de l’insaisissable. Au nom de l’achevé, nous voulons croire qu’un ordre unique existe qui nous permettrait d’accéder d’emblée au savoir ; au nom de l’insaisissable, nous voulons penser que l’ordre et le désordre sont deux mêmes mots désignant le hasard.

Il se peut aussi que les deux soient des leurres, des trompe-l’œil destinés à dissimuler l’usure des livres et des systèmes. Entre les deux en tout cas il n’est pas mauvais que nos bibliothèques servent aussi de temps à autre de pense-bête, de repose-chat et de fourre-tout. »

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La médiathèque de la ville de Paris a publié récemment dans sa lettre d’information – dont les numéros sont souvent très intéressants – une petite histoire du classement dans les discothèques. Cela vaut la peine d’être lu. J’ai notamment découvert que le classement était régulièrement repensé pour tenir compte de l’apparition de nouveaux genres musicaux tels que le reggae ou le rap.

Si cela ne vous suffit pas, je vous engage à lire le petit livre de Frédéric Béghin et Philippe Blanchet L’art de ranger ses disques chez RivagesRouge qui donne aussi pleins de conseils. Il y a même un chapitre sur les « ennemis du disque » ; au-delà de la poussière et de l’humidité voire des animaux domestiques, il y a les copains : « Ne prêtez jamais un disque à un copain. Peu importe qu'il fasse la gueule ou pas. De toute façon, il ne vous l'aurait pas rendu, et vous vous seriez fâchés. « Les plus grands prédateurs et nuisibles, constate Jean-Daniel Beauvallet, sont les bons amis qui vous empruntent un disque « pendant le week-end ». Vous savez alors que vous ne le retrouverez jamais. J'ai perdu beaucoup d'amis à cause de ça. Ils me manquent beaucoup moins que mes disques. »

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Un autre sujet du même ordre sur lequel je reviendrai sans doute c’est « l’art du tag » : les tags permettent de stocker des informations telles que le titre de la chanson, le nom de l'artiste, le nom de l'album, l'image de couverture de l'album, le numéro de piste et d'autres informations sur le fichier audio. Cela permet de les retrouver quand vous voulez les écouter ; la cohérence et la précision des informations est primordiale pour remettre la main rapidement sur un titre. La logique informatique est intraitable face aux approximations ou aux erreurs typographiques ; on a alors le choix entre la frustration de ne pouvoir écouter la musique désirée ou le retour à son clavier pour corriger ou améliorer le taggage.


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