Au cours de mes pérégrinations sur YouTube il y a quelques semaines, la plateforme m’a proposé un morceau qui m’a tout de suite séduit. Il s’agit de cette chanson des années 50 intitulée Tu Vuo' Fa' L'Americano que j’ai découverte dans le film Le Talentueux Mr Ripley d'Anthony Minghella, 1999 : c’est le moment où Dickie, Jude Law, joue du sax dans une boite de jazz et attire sur scène Tom, Matt Damon, qui chante ensuite My Funny Valentine en imitant la voix de Dickie… La vidéo du groupe Hetty & the Jazzato Band est absolument charmante, notamment la clarinettiste qui semble mener le bal. N'hésitez pas à cliquer sur la photo : (*)
On continue dans le cinéma avec les films Hamnet et L’Affaire Bojarski. Le premier utilise la musique de Max Richter, en particulier le morceau On the Nature of Daylight, qui a déjà été repris dans Shutter Island, les séries La Servante écarlate et The Last of Us et, me dit Internet, dans 25 autres films ! Je n’ai cependant pas choisi ce «tube», mais une douce complainte enfantine.
Le metteur en scène du second film a choisi un autre angle. L'action se déroulant sur une trentaine d’années, à partir de l'époque de l’occupation, on y découvre des chansons d’époque (Ray Ventura, Mistinguett, Yma Sumac) et d’autres qui en ont le son, le goût et la couleur, mais qui ont été enregistrées tout à fait récemment. Un exemple avec le titre Pardonne.
D’autres morceaux sont tirés des bandes originales des séries captivantes suivantes : Pluribus (par le réalisateur de Better Call Saul, vivement la saison 2 !), Cœurs Noirs (la face opérationnelle du Bureau des Légendes et merci pour la recommandation), La Voisine danoise (série islandaise originale et irracontable où l’héroïne, la voisine, chante elle-même les morceaux des génériques de début et de fin) et Los Años Nuevos (attachante série espagnole sur la photographie de la vie d'un couple au 1er de l'an sur 10 ans et autant d'épisodes).
Une séquence Brésilienne, ça devient une habitude, avec le dernier disque de Julia Hülsmann, la pianiste allemande de chez ECM, en octuor cette fois-ci dans une chanson enjouée interprétée en brésilien et une chanson magique interprétée par Djavan. En écoutant la chanson sans comprendre les paroles, peut-on deviner qu'il s'agit d'une chanson racontant la douleur d'avoir été quitté, que sa vie maintenant est un jardin desséché dont nulle fleur n'est née ?
Le hasard des écoutes et des nouveautés me permet de vous présenter une superbe séquence de trompettes avec Nicolas Folmer et son Marseille-Agadir, un extrait du dernier disque de la merveilleuse Airelle Besson en duo avec l’accordéoniste Lionel Suarez et le génial Hermon Mehari et son groupe NO(w) Beauty. 3 artistes, 3 sons et 3 univers à découvrir absolument.
Michel Portal nous a quittés le mois dernier. J’aurais pu programmer le morceau Mozambic sur le CD Turbulence qui me l’a fait connaître en 1987. J’ai finalement choisi le premier titre qui m’est venu à l’esprit en apprenant la nouvelle et que j’utilise pour des « écoutes hi-fi », African Wind, où le clarinettiste déploie tout son talent sur un rythme endiablé. C’était sur son disque MP85. Franchement il ne faisait pas ses 85 ans.
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(*) la version de Hetty & the Jazzato Band n’est pas disponible sur Qobuz. Je l’ai remplacée par celle du film.
Miscellanées
C’est toujours un plaisir de découvrir qu’un contemporain partage la même passion que soi. C’est aussi une crainte quand le livre qu’il a écrit s’intitule Mémoires d’un discomane. Discomane, avez-vous dit, un cousin d’héroïnomane ? c’est si grave que ça docteur ? Je sais bien que passion peut mener à obsession mais quand même.