On débute ce mois-ci par un hommage. Areski, l’alter ego de Brigitte Fontaine depuis 50 ans, n’est plus. Inséparables à la vie comme à la scène, ils savaient mettre en musique l’absurdité de la vie sur un mode comique ou poétique. Dans le morceau choisi, il y a une mise en scène de l’action : Les douces flûtes et percussions d’Areski et le dialogue tranquille et savant des deux chanteurs prennent merveilleusement à contrepied le tragique inéluctable de l’aventure.
Graham Coxon, guitariste de Blur, nous surprend avec la sortie aujourd’hui d’un disque enregistré il y a dix ans. En ces temps de canicule, ses titres s’enchaînent les uns après les autres en distillant une fraîcheur tirant ses origines des années soixante qui est la bienvenue.
Leïla Martial est une vocaliste — pourquoi se limiter à chanteuse ? — qui nous subjugue à chaque création. On l’avait vue à Marciac, en 2017, lorsqu’elle était dans le groupe d’Anne Paceo. Son dernier disque dans lequel elle fait de la musique en soufflant dans de petites fioles nous propose une musique proprement inouïe. Pas étonnant qu’elle soit la lauréate 2026 dans la catégorie « Artiste vocal(e) » des Victoires du Jazz.
Repas de sushis et sashimis dans une restaurant au cœur du 15e tenu par des Japonais, où l’on peut même commander en japonais — heureusement on avait une ambassadrice ! — et où le fond sonore est un disque d'un trompettiste-chanteur de jazz japonais, Toku, qui s’est installé à Paris. Voilà le comble du raffinement.
J’attire votre attention sur le titre Mumbles où le trompettiste Clark Terry accompagné par le trio d’Oscar Peterson s’amuse à chanter « en yaourt ». Un mot aussi sur Terry « Harmonica » Bean qui est passé récemment en France dans un festival de Blues et qu’on m’a chaudement recommandé.
Miscellanées
Les hasards du visionnage des films nous a fait apprécier à quelques jours d’écart En fanfare d’Emmanuel Courcol et le documentaire de Philippe Béziat, Nous l’orchestre. Les deux s’articulent autour d’orchestres et de la musique jouée en public. Il n’y a pas de musique meilleure qu’une autre ; juste le plaisir de jouer ensemble et, en l’occurrence, à un très haut niveau. Dans le documentaire, le réalisateur a eu l’idée de mettre un micro au pied du pupitre de chaque musicien. On peut ainsi apprécier chacune des parties jouées mises tout à coup en avant. J’y ai personnellement découvert la partie de cor anglais dans le final du 2e mouvement du Concerto pour piano en sol de Ravel où on se rend compte que c’est le piano qui accompagne le cor et non l’inverse. Magique.
Les musiciens sont ceux du Philharmonique de Paris. On en retrouve deux dans la première mondiale d’un manuscrit de Mozart découvert à la BNF en ce début d’année. Si la musique n’apporte rien de neuf, c’est tout de même exceptionnel d’avoir la chance de jouer sinon d’écouter un inédit du XVIIIe siècle. Pour retrouver le génie musical, je vous invite à écouter le 2e mouvement du Concerto pour flûte et harpe composé la même année sur commande du duc de Guignes, flûtiste, et de sa fille, harpiste, qui recevait les leçons transcrites dans l’inédit. C’est la version de Jean-Pierre Rampal et Lily Laskine qui a eu beaucoup de succès dans les années 60 et fait les grandes heures de la maison Erato :
La playlist du mois est sur Audio Station, Qobuz, Deezer, Spotify et YouTube. Il suffit de cliquer sur les icônes :
Pour plus de musique, toutes les archives sont disponibles sur le site lavande47.fr.
Bonne écoute
Philippe
(Les morceaux manquants sont marqués ci-dessous : * pour Qobuz, ⁺ pour Deezer, ° pour Spotify et # pour YouTube)
Étienne Daho - Ouverture / La Baie EP - Ouverture (3:44)
The Pale Fountains - Pacific Street - Reach (4:14)
Mal Waldron with Eric Dolphy and Booker Ervin - The Quest - Warm Canto (5:41)
András Schiff - J.S. Bach: Clavichord - Duet No. 2 in F Major, BWV 803 (2:58)
Kham Meslien - Fantômes... Futurs - The Alarm (4:34)
Moondog - The German Years 1977-1999 - Bumbo (3:08)
Death Cab For Cutie - Plans - I Will Follow You into the Dark (3:09)
Ólöf Arnalds - Heimurinn núna EP - Heimurinn núna (3:27)
Skinshape - Life & Love - Don't Call My Name (4:09)
Camille - Ilo Veyou - Aujourd'hui (1:16)
Orchestre tout puissant marcel duchamp - Sauvage Formes - Across the Moor (6:54)
Nusrat Fateh Ali Khan, Michael Brook - Night Song - My Heart, My Life (5:31)
Ensemble Belombre (Louise Bouedo & Garance Boizot) - Aimable Duphly (Musique pour clavecin dite à deux basses de viole) - Pièces de clavecin, Book 4 in A Minor, D 3842: La de Drummond (3:13)
Boards of Canada - Inferno - Prophecy At 1420 MHz (5:04)
Bedouine, Hurray For The Riff Raff, Waxahatchee - Thirteen EP - Thirteen (3:04)
Bleachers - everyone for ten minutes - you and forever (3:54)
Stephen Layton, Polyphony - Karl Jenkins: Motets - Adiemus - Songs Of Sanctuary: Cantate Domino (2:40)
Murray Kyle - Mountain Song - Grandfather Sun (3:53)
The Outer Worlds Jazz Ensemble - The Kármán Line - Alto Vento (4:36)
Abdullah Ibrahim - Cape Town Flowers - Maraba Blue (4:35)
André Cluytens, Samson François, Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire - Complete Stereo Orchestral Recordings, 1957-1966 - Ravel: Piano Concerto in G Major, M. 83: II. Adagio assai (8:41)